dimanche 24 janvier 2010

Paradise on earth

C'est une rumeur, une sorte de ronflement sourd qui se diffuse dans les couloirs et derrière les portes de l'université. La gente féminine semble vouloir garder un secret nommé "zumba".
La sémantique ne vous sera ici d'aucune aide, la fausse simplicité de ce mot ayant bien évidemment été choisie à dessein pour égarer les hommes dans leurs désirs d'interprétation.

Devant mes demandes répétées d'explications, les plus aigris moque la naïveté des hommes quand d'autres prennent juste plaisir à contempler mon désarroi. Soit. Attendons... Les langues féminines peuvent être aussi fourchues que déliées par quelconque liquide dont la teneur en alcool dépasse 4,5°.*

Quelques jours plus tard, une polonaise éméchée me dira que je trouverai un début de réponse à mes questions en me rendant au gymnase intérieur le mardi soir autour de 20h. Et voilà, il suffisait donc d'attendre...

N'étant jamais le mardi soir à 20h à l'université, je prends le parti de passer le temps en mettant la raclée hebdomadaire au ping pong à mon ami Demi. Le tables de ping pong sont idéalement situées au premier étage du gymnase et offrent une vue imprenable sur ce qu'il peut s'y passer. Il s'agit de voir sans être vu. Le temps passe.

À 20h40, les première étudiantes arrivent au compte goutte, furtives, elles passent le long du couloir pour rapidement disparaître dans les vestiaires. La plupart sont munis de tapis de sol de couleur fluo, les mêmes qui étaient à la mode dans les années 80 (cf Jane Fonda) ou les mêmes que vos grand parents déploient sur le sol à noël quand il s'agit de faire dormir tout la famille. (cf chez vous)

20H50
Le rythme des arrivées s'accélère, une estrade et des enceintes sont rapidement montées dans le fond gymnase formant comme sorte de petite scène de concert.

21H : Ce qui ressemble à la maitresse de cérémonie traverses les portes automatiques de l'université comme une tornade, c'est une femme d'âge mûre, environ 30 ans et dont le mètre 50 laisse deviner une petite boule d'énergie prête à en découdre avec la cellulite depuis trop longtemps accumulée aléatoirement dans les membres de ces jeunes demoiselles. Je commence à comprendre que je vais m'amuser.

21H01 : Le cours commence. Les étudiantes docilement alignées et vêtues de caleçons moulants entreprennent une série d'étirements dont la passive contemplation finie par me gêner.

21H04 : Aller on prend une photo et on s'en va.


ZUMBA ! Notez que la photo a été pris à un moment où les filles sont de dos pour qu'à aucun moment on puisse les reconnaître. On remarquera la prof dans le fond...



* "Les problèmes liés à l'alcool chez les femmes: l'examen de l'hypothèse d'une interaction entre des facteurs de vulnérabilité et des agents déclencheurs." Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement. Vol 22(4), Oct 1990, 433-444.
hum hum des questions ?

vendredi 22 janvier 2010

Nos amis les flics épisodes 2...

Non ! l'histoire n'est pas fini elle continue et en voici la suite...

Le nuage noire qui semble avoir élu domicile au dessus de ma tête est presque aussi difficile à chasser que des squatteurs SDF d'une belle maison de banlieue parisienne...

C'est un Vendredi soir que distrait je ramasse un recommandé gisant dans le fond de ma boite aux lettres et qui visiblement n'attendait que moi. Il est à peine froissé, les caractères déformés de mon nom me laisse deviner l'empressement avec lequel le facteur à du finir sa tournée. Pour le moment tout va bien, c'est presque en sifflotant que je monte les escaliers pour enfin poser le bon de la poste sur un coin de mon bureau. J'irai le chercher Lundi me dis-je.

Lundi arrive, à Anvers il pleut. Je passe la matinée à la bibliothèque le nez dans un livre qui m'explique en quelques 200 pages que dans 25 ans l'Europe aura tellement décliné qu'on cherchera tous du travail en Chine... Pas de quoi gâcher mon déjeuner ; en fait si : des conférenciers asiatiques en visite à l'université ont finit les côtelettes de porc-haricot vert. Je me contenterai du poisson-épinard dont je ne laisserai pratiquement que la moitié ; je suis pressé.

Lundi après midi, à Anvers il pleut toujours. Je sors de la cafétéria le sourire aux lèvres en pensant à quoi peut ressembler le cadeau que m'a envoyé mon père.
"Tu vas ou Raf!?" me crie un allemand "
" Je vais chercher un cadeau" lui dis-je avec empressement, dans mon élan je lui renvoie une une des ces moues un peu niaises qu'ont les enfants quand ils secouent leurs paquets sous le sapin de noël.

Je traverse une grande partie de Antwerpistan*, et aperçois enfin la petite maison de la poste du quartier qui n'est en fait qu'un bloc de béton moche qui se distingue des autres blocs de béton moches par la queue de 20m qu'il y a devant à n'importe quelle heure de la journée. Le lundi après midi ne faisant pas exception, je me dirige donc poliment vers le bout de la file et attends patiemment que tout les africains d'Anvers remplissent leurs bons western union, ce qui dure en tout et pour tout 20 grosses minutes. "Tuuut" C'est mon tour. D'un pas cadencé je m'approche du guichet et tends le fameux bons à la préposée en observant la même fierté puérile que j'avais en quittant l'université quelques minutes plus tôt. Feignant d'ignorer mon enthousiasme la fonctionnaire me rend machinalement une lettre portant le sigle de la municipalité d'Anvers. Étrange, ce n'est pas le cadeau de papa, je l'ouvre. C'est une lettre de trois pages, écrite en flamand - bien entendu- et qui en dépit de son caractère officiel ne comporte aucune traduction. Après exploration de l'ensemble de ces caractères aux sonorités agressives, je parviens adroitement à déchiffrer les deux montants de 80 et 250 euros. Le document comporte une deuxième page qui mentionne ce qui ressemble à un rappel à la loi et la troisième est un rapport de police complet.

Le trajet de retour me laisse le temps de réaliser puis d'établir que je vais devoir payer 80 euros pour avoir utilisé la mauvaise couleur de sac poubelle... La rythme de mes pas est pratiquement corrélé à la prise de conscience que je vais réellement devoir payer l'amende qui vient de m'être assignée. Je rumine ma colère en déambulant de trottoir en trottoir jusqu'à croiser un groupe de dealers écoulant leur héroïne en tout impunité à seulement une petite centaine de mètre de chez moi.

Lundi soir à Anvers, il pleut, et pas qu'à Anvers.

Conclusion : les recommandés, c'est comme les carte chance du Monopoly, on sait jamais sur quoi on va tomber.

*Anvers en anglais avec le suffixe -istan comme Pakistan : mot désignant le quartier arabe)